Le Lot-et-Garonne en mal de jeunes médecins

Depuis 2009, une Commision de démographie médicale (Coddem) est mise en place en Lot-et-Garonne. Réunissant les efforts du conseil départemental, de l’Agence régionale de la santé (ARS) et de l’Etat, elle vise principalement à trouver de jeunes médecins pour remplacer les praticiens partant à la retraite. Des aides sont proposées à ceux qui voudraient s’installer en Lot-et-Garonne (dans le domaine du logement, des frais de déplacement, etc.), et un réseau de maisons de santé pluriprofessionnelles est patiemment construit pour leur permettre d’accéder à une indispensable qualité d’exercice.

Dans ce domaine de la démographie médicale, le Lot-et-Garonne fait figure de pionnier, et plusieurs départements se sont inspirés de sa démarche novatrice. Une anticipation exemplaire, puisqu’une récente étude de l’ordre des médecins – relative aux soins de premiers recours – indique que seulement 7 % des étudiants envisagent un exercice isolé. Face à cette tendance, et compte tenu du vieillissement de sa population de médecins, le Lot-et-Garonne n’a pas d’autre choix que de dresser un tapis rouge aux futurs généralistes.

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Les trois partenaires de la Coddem : L’ARS (Dr Catherine François), le conseil départemental (Dr Joël Hocquelet) et l’Etat (préfet Denis Conus)

Une soixantaine d’étudiants a ainsi été accueillie lundi soir dans l’hémicycle du conseil départemental où les différents partenaires de la Coddem ont loué notre territoire.

Travail d’équipe

«Nous ne sommes pas une réserve d’Indiens, indiquait en aparté le conseiller Joël Hocquelet. Seulement, il faut connaître le Lot-et-Garonne pour s’y installer, d’où la nécessité de faire un stage aux côtés d’un généraliste local. Nous avons de plus en plus de maîtres de stages et c’est un signe très encourageant. La courbe des départs progresse toujours, mais on note une augmentation des arrivées. La tendance n’est pas inversée, mais nous allons récolter le fruit de notre patient travail.»

Outre les dispositifs d’aide à l’installation, l’un des éléments clés réside dans la création de quinze aires de santé comprenant des maisons pluriprofessionnelles. Astaffort, Caudecoste, Laplume, Sainte-Sylvestre, etc. – demain Monflanquin, Prayssas, Nérac, etc. – garantissent une véritable qualité de travail en équipe, en réunissant sous un même toit généralistes et par exemple infirmières, psychologues, kinés, etc.

Les étudiants présents lundi soir à Agen ont évoqué les bienfaits du stage pour comprendre le Lot-et-Garonne, mais certains ont évoqué la question du conjoint, qui doit lui aussi trouver du travail. Or, Agen ne peut rivaliser avec Bordeaux ou Toulouse en termes d’emplois…

Présent dans la salle, Guillaume Conort est le premier chef de clinique (rattaché au département de médecine générale de Bordeaux) à s’implanter hors Gironde et qui plus est en Lot-et-Garonne. Installé à mi-temps à Penne-d’Agenais en médecine libérale, il consacre l’autre moitié de son temps à la formation et l’encadrement des internes de médecine générale.

Bouffée d’oxygène

«La démarche de la Coddem est exemplaire, répète-t-il à son tour. Je suis lié au Lot-et-Garonne par mes racines familiales et j’ai réalisé des remplacements en 2010. J’ai vu ici des projets et des gens motivés, d’où mon implantation, que j’aimerais d’ailleurs renforcer. Ce qu’il faut surtout noter, c’est l’importance fondamentale du stage. Pour l’interne évidemment, en termes de formation et de découverte du territoire, mais également pour le médecin maître de stage : il va transmettre son savoir, sa vision de l’exercice médical, mais c’est aussi pour lui une bouffée d’oxygène que de recevoir un jeune ; un moyen de prévenir le découragement professionnel.»

Aujourd’hui, sur les 254 généralistes de Lot-et-Garonne, 42 % ont plus de 60 ans. L’an passé 22 ont fermé leur cabinet, et «seulement» 15 se sont installés.

Source : la dépêche

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